Bastida (urbanismo)

De Wikipedia, la enciclopedia libre
Saltar a: navegación, búsqueda
Bastide de Domme, en el departamento de Dordoña.

Una bastida (en idioma francés, bastide; en occitano, bastida; del latín bastit, bastia, "construcción reciente") fue durante la Edad Media un tipo particular de desarrollo concertado urbano, construido con una finalidad defensiva y de explotación económica, surgido a partir durante el siglo XIII en áreas del suroeste de Francia, en Aquitania y Occitania, como ordenamiento para los asentamientos de repoblación emprendidos en aquellas regiones.

Desarrollo[editar]

Su construcción resultó de un contrato entre el señor feudal, que podía ser también un [

Il est intéressant de noter qu'il n'y avait aucune dérogation faite sur la régularité du parcellaire. Bâtiments publics et notables ne bénéficiaient pas d'une parcelle de taille supérieure. Cependant, on leur réservait couramment le droit de s'étaler sur plusieurs lots voisins.

Jardins[editar]

Ceux-ci se trouvaient sur la deuxième couronne en partant du centre, contigus aux ayrals. Ils étaient du même nombre que les maisons. Leur superficie était réduite. Il y a souvent un rapport de proportion entre la superficie de l'ayral et celle du jardin, 2 ou 3. La moyenne de superficie est de 5 à 7 ares.

Vignes[editar]

On trouve ce type de terrain dans de nombreuses bastides mais pas dans toutes. Parfois il n'y avait qu'une partie de la population qui avait droit à posséder un terrain pour cultiver la vigne.

Arpents[editar]

Les terrains de culture, appelés arpents, ceinturent toute la ville. Ils sont extra-muros.

Leur taille moyenne est de 5 à 6 ha, ce qui était largement suffisant vu les instruments rudimentaires de l'époque.

Ici aussi chaque famille recevait à son établissement dans la bastide un arpent de superficie égale à celle de ceux des autres.

Dans certaines bastides de défrichement, l'arpent était couplé à tout autre terrain que la famille pourrait défricher. Par exemple à Bouloc, chacune recevait 7ha et pouvait l'agrandir de tout terrain de forêt qu'ils sauraient défricher.

Plan de bastide[editar]

Un grand nombre de bastides sont à plan inorganisé, mais une forte proportion de fondations détient un plan particulièrement net.

Il semble qu'il y ait eu un modèle adapté à chaque fondation. En effet, plus de la moitié des fondations ont été établies sur la croisée de deux directions perpendiculaires qui, complétées par de nombreuses parallèles, donnent un quadrillage.

Mais qui donc a établi ce modèle et dessiné ces plans? Il existait au Moyen Âge une corporation de lotisseurs chargés de diviser les lots sur le terrain et de prévoir leur destination. Mais il est certain qu'on n'a pas fait appel à eux pour les bastides. En fait, d'après les textes du Plantilla:S- nous étant restés, il semble que ce ne soient pas des spécialistes qui aient mis en forme les bastides. Il s'agirait plutôt de notaires, juge-juges, baillis, sénéchaux, voire des évêques. Ce sont eux aussi qui apparemment auraient réalisé les éléments indispensables de la ville que sont les puits, les fontaines…

À partir de l'ensemble des bastides, on peut catégoriser en 5 types les plans.

Inorganiques ou embryonnaires[editar]

Elles sont soit totalement désordonnées, soit à l'état d'un embryon de plan, comme La Bastide-de-Bousignac par exemple.

Les raisons sont peuvent être de plusieurs sortes :

  • ce sont des bastides fondées à partir de hameaux existants,
  • elles n'ont été que très faiblement peuplées, c'est un échec relatif de la bastide ou
  • tout simplement les fondateurs étaient sans ou avaient moins de rigueur.

Circulaires[editar]

La seule bastide circulaire existant est Fourcès dans le Gers.

Ce type de bastides reste cependant très rare.

À enveloppement[editar]

Généralement il s'agit de villages n'ayant pas été créés de toutes pièces au départ. Elles ont été précédées par soit une église, soit un noyau de maisons.

Les nouveaux quartiers s'implantent autour du noyau initial et le noient.

À un seul axe[editar]

Ce sont les plus nombreuses. Lavedan estime qu'elles représenteraient entre 30 et 40% du total des bastides.

Elles sont généralement situées en plaine.

Elles sont construites comme leur appellation le suggère sur la base d'une rue principale. Celle-ci était au Moyen Âge la voie de passage obligé et reliait généralement les deux portes principales de la ville.

Parfois la ville ne s'est pas élargie de cette rue principale. La place se trouve alors être un étalement, une excroissance de la rue.

Souvent, de nombreuses transversales coupent la rue principale. On parle alors de tracé en « arête de poisson ». C'est une forme de bastide s'adaptant bien au relief, particulièrement lorsqu'il est escarpé. On les retrouve d'ailleurs souvent sur des croupes allongées, comme Gimont dans le Gers. Cette bastide fait 1000m de long pour 300m de large. La rue charretière est la route d'Auch-Toulouse qui suit à cet endroit la crête. Elle est coupée dans la bastide par de nombreuses transversales très raides.

Quelquefois la rue principale est doublée et la place se situe alors entre les deux.

À deux axes[editar]

On aborde ici le cas des bastides considérées comme l'aboutissement du modèle gothique de la bastide. Elles sont considérées comme les plus typiques du mouvement. Dans tous les cas, il s'agit du modèle le plus élaboré.

La base du plan, ce sont deux axes perpendiculaires commandant un échiquier. Les rues se coupent alors en angle droit.

La place est souvent centrale, ou proche du centre, carrée ou rectangulaire.

Les îlots sont réguliers, généralement rectangulaires.

Les contours de la bastide sont eux aussi géométriques : carré, rectangle, parallélogramme, hexagone ou ovale, les formes sont multiples.

Ce sont des bastides qu'on retrouve autant en hauteur que dans les plaines, mais c'est dans cette situation qu'elles donnent leurs plus belles formes géométriques.

Certains fondateurs sont connus pour les avoir préférées aux autres formes de bastides. Notamment trois des plus grands fondateurs : Alphonse de Poitiers, Eustache de Beaumarchès et Edouard Ier.

Charte des coutumes[editar]

La fondation d'une bastide se fait donc par un certain nombre d'étapes qu'on peut résumer ainsi :

  • En premier, choix du lieu.
  • Puis, le choix du nom de la bastide. Les noms des bastides ont des noms forgés étymologiquement sur 5 racines :
    • du nom du sénéchal les ayant fondées : Libourne (du nom de Leyburn)…
    • de l'autorité royale : Montréal…
    • rappelant des villes extérieures : Grenade…
    • ressemblant aux noms de villes plus anciennes (racines latines…)
    • marquant leur origine ou leurs privilèges : Villefranche, La Bastide…
  • Suit le contrat de paréage entre les seigneurs co-propriétaires.
  • Enfin, la conception du plan de la ville.

Voilà listés ici les éléments décrits plus hauts dans l'article mais une fois ces étapes franchies la ville n'est toujours pas fondée. Il faut qu'une population vienne l'habiter. Il faut attirer des familles de paysans. Pour cela, il est établi une charte de coutumes, qui est en fait une liste de privilèges accordés aux habitants. Il est d'ailleurs présenté ainsi, comme une suite de privilèges, écrits l'un après l'autre, comme si on en rajoutait de temps en temps pour attirer de nouveaux habitants, ce qui était sûrement d'ailleurs le cas.

Ces privilèges étaient de 3 sortes :

  • des allègements fiscaux,
  • des mesures judiciaires et
  • des mesures honorifiques.

Il ne faut cependant pas se tromper. Tous ces privilèges donnés aux habitants, l'égalité pour ce qui est de la distribution des terres et la quasi-égalité juridique dont bénéficient les nouveaux bourgeois peuvent faire apparaître les bastides comme des terres de liberté et d'égalité.

Mais elles n'avaient pas du tout ce but-là. Elles ne cherchaient pas à remettre en cause le droit féodal, ni à créer un désordre. Il ne s'agit que d'ajustements locaux afin d'améliorer le rendement économique et fiscal de terres sous-exploitées.

Si les habitants paraissent libres, ils ne jouissent en fait que d'un régime économiquement libéral. S’ils paraissent égaux, ce n'est qu'une égalité des chances à leur installation. De toute façon, l'inégalité et l'absence de libertés individuelles proviennent surtout de l'état de la société médiévale.

D'ailleurs, pour permettre l'établissement de ces privilèges, les bastides ont dû refuser l'établissement en elles de classes ayant déjà des obligations ou privilèges, incompatibles avec ceux-ci. Ainsi, les serfs, les nobles et les religieux sont interdits de s'installer dans la ville. Certains petits nobles vont préférer troquer leur titre de noblesse contre celui plus lucratif de bourgeoisie et faire don de leurs terres à la bastide.

Il n'existe pas non plus d'égalité entre les hommes et les femmes à l'intérieur de la bastide. Cependant, les femmes sont mentionnées dans les chartes de coutumes et ont certains droits reconnus même s’ils restent faibles. Par exemple :

  • dans la très grande majorité des bastides les hommes n'ont pas le droit de battre leur femme.
  • La dot est réglementée et parfois obligatoire aussi pour les hommes.

Les lépreux ne sont pas bienvenus dans les bastides. Des léproseries les accueillent dans quelques bastides mais ils sont de toute façon exclus de la société. Ils sont obligés de porter un insigne montrant qu'ils sont malades et ils doivent vivre à part des personnes saines. La législation de la Gascogne entre 1290 et 1326 dit même : « Dans les bastides ou nouveaux villages où ne se trouve pas une léproserie, les lépreux ne peuvent recevoir l'aumône. »

Les juifs sont un autre groupe de personnes ayant souffert d'exclusion dans les bastides. Au début il n'y avait aucun problème. À Cologne, la rue des Juifs donnait même sur la place. Mais comme les lépreux, dans toute la France les juifs vont être pourchassés au Plantilla:S-. Cela commence en 1306 lorsque le roi Philippe le Bel expulse tous les juifs du royaume, confisque et met en vente tous leurs biens.

Évolution des bastides[editar]

Les bastides après leur fondation évoluent. Elles peuvent réussir et il en existe encore de nos jours. Mais elles peuvent aussi rater, se vider de leur population. Globalement les bastides ont connu trois périodes de sélection.

Dès l'origine, un bon nombre est éliminé. Les rescapées connaissent une croissance agricole et commerciale qui provoquent des mutations profondes dans l'organisation du sud-ouest.

La Guerre de Cent Ans et la persistance de l'insécurité obligera les bastides de s'équiper de murs. Les plus lentes dans cette course à l'équipement défensif seront rayées de la carte. Lorsque le calme revient, la région connait une prospérité inégale. La bourgeoisie s'affirme et c'est l'âge de l'ouverture des grands chemins. Ceux-ci privilégieront bien évidemment les bastides implantées sur leur long.

Enfin, c'est aux Plantilla:Sp-s, lors de l'exode rural qu'a eu lieu la troisième et dernière période de sélection des bastides.

La taille de la bastide est fixée par le contrat de paréage mais en fait, elle se fait plus sur le terrain que dans les hautes sphères du pouvoir. Les bergers conduisent en effet les vaches et porcs dans les bois. Les rapports sont difficiles entre les éleveurs et les cultivateurs. Ces premiers mènent le troupeau du village et doivent pouvoir le défendre. On les choisit pour leur force, ils sont entourés de chiens et les villageois sont toujours prêts à leur prêter main forte contre les paysans des alentours.

Bastides célèbres[editar]

Par départements (liste non exhaustive) :

Véase también[editar]

Referencias[editar]

Bibliografía
  • Los cistercienses, textos escritos con la collab. de Julie Roux; asesores históricos y religiosos, los monjes de la abadía de Acey, Nicolas d'Andoque; trad. de Isabel Llasat Botija. - Vic-en-Bigorre : MSM, 2003 (impr. en Belgique). - 320 p. : ill. en coul.,carte, couv. ill. en coul.; 24 cm - (In situ : temas).

Enlaces externos[editar]